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Guide canadien d'immunisation

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Partie 3
Vaccination de populations particulières

Immunisation des adultes

La prévention des infections par la vaccination n'est pas réservée aux enfants; les adultes ont besoin de vaccins afin de contrer un affaiblissement de l'immunité contre certaines maladies évitables par la vaccination et d'établir une immunité contre d'autres maladies courantes chez les adultes. En outre, l'immunisation des adultes prévient des infections et, par conséquent, l'exposition ultérieure de jeunes enfants et d'autres personnes courant un risque accru de maladies évitables par la vaccination. Par exemple, les adultes qui sont en contact avec des nourrissons devraient être parmi les premiers à recevoir les vaccins antigrippaux et anticoquelucheux afin de réduire le risque de transmission de ces infections aux nourrissons, qui sont trop jeunes pour être entièrement immunisés. Certains vaccins sont nécessaires à tous les adultes, tandis que d'autres peuvent être requis en raison du risque individuel lié à l'emploi, à un voyage, à une maladie sous-jacente, au mode de vie ou à l'âge.

Depuis quelques années, de nouveaux vaccins, par exemple contre le zona ou le virus du papillome humain, sont offerts aux adultes. Malgré ces progrès, le taux de vaccination des adultes au Canada est faible et, par conséquent, de nombreux adultes demeurent vulnérables à des maladies évitables par la vaccination.

Parmi les raisons courantes de l'immunisation incomplète des adultes, citons :

  • la non-reconnaissance de l'importance de la vaccination des adultes;
  • le manque de recommandations de la part des fournisseurs de soins de santé;
  • le manque de connaissances des fournisseurs de soins de santé à propos de la vaccination des adultes et des vaccins recommandés;
  • la mauvaise information et les malentendus concernant les risques des vaccins et les avantages liés à la prévention des maladies chez les adultes;
  • le manque de compréhension de l'innocuité et de l'efficacité des vaccins;
  • les occasions manquées de vaccination dans les cabinets des fournisseurs de soins de santé, les hôpitaux et les maisons de soins infirmiers;
  • le manque de vaccins subventionnés par l'État et le faible taux de remboursement aux fournisseurs de vaccins;
  • les lacunes en matière de programmes coordonnés de vaccination des adultes;
  • l'absence d'exigences réglementaires ou légales;
  • la peur des injections;
  • les lacunes en matière d'accessibilité à des dossiers et à des systèmes de consignation à jour.

La vaccination des adultes est une question émergente qui est de plus en plus abordée dans les programmes de soins cliniques et de formation des professionnels de la santé.

Responsabilités des fournisseurs de soins de santé

Les fournisseurs de soins de santé ont la responsabilité de s'assurer que les adultes à qui ils prodiguent des soins ont une protection continue et à jour contre les maladies évitables par la vaccination, grâce à une immunisation appropriée. Les antécédents médicaux d'un adulte indiqueront si ce dernier requiert des vaccins supplémentaires à ceux systématiquement recommandés. Veuillez consulter les chapitres Immunisation des personnes atteintes de maladies chroniques et Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3 afin d'obtenir de plus amples renseignements au sujet des problèmes médicaux pouvant modifier les recommandations en matière de vaccination.

Les fournisseurs de soins de santé devraient communiquer aux adultes à qui ils prodiguent des soins des renseignements factuels à propos de la vaccination, notamment :

  • des renseignements à propos des vaccins;
  • des recommandations d'experts concernant l'utilisation des vaccins;
  • les avantages et les risques de la vaccination;
  • le coût du vaccin, s'il n'est pas subventionné par l'État;
  • les conséquences possibles du refus d'un vaccin;
  • les endroits où l'on peut obtenir le vaccin, si le fournisseur de soins de santé n'est pas en mesure de le fournir.

Lorsque plus d'une dose d'un vaccin est nécessaire en vue d'obtenir la protection optimale, le fournisseur de soins de santé devrait assurer un suivi afin d'encourager l'achèvement de la série vaccinale.

Stratégies en vue d'améliorer le taux de vaccination chez les adultes

Tous les adultes devraient recevoir des conseils concernant leur état immunitaire. Voici des occasions où l'on peut prodiguer des conseils généraux relatifs à la vaccination des adultes :

  • rencontre d'un nouveau patient ou client;
  • examens médicaux périodiques;
  • grossesse et période post-partum immédiate;
  • consultation pour la gestion d'une maladie chronique;
  • examen des nouveaux immigrants;
  • parents qui emmènent leurs enfants se faire vacciner;
  • hospitalisation, particulièrement lors d'un diagnostic d'une maladie chronique;
  • protocoles de prise en charge lors de l'admission dans des maisons de soins infirmiers ou des établissements de soins de courte ou de longue durée;
  • protocoles de prise en charge lors de l'admission à des programmes de formation des professionnels de la santé;
  • examen des nouveaux employés dans les garderies et les établissements de soins de santé ou de soins connexes;
  • personnes qui demandent un ou des vaccins particuliers;
  • personnes faisant preuve d'un comportement à risque, comme la consommation de drogues illicites ou le fait d'avoir contracté une maladie transmissible sexuellement;
  • personnes qui demandent des conseils relativement à un voyage.

Les fournisseurs de soins de santé devraient régulièrement étudier les dossiers des personnes à qui ils prodiguent des soins afin de veiller à ce que leur état immunitaire soit à jour et qu'elles aient été mises au courant de l'existence de nouveaux vaccins. Les praticiens devraient vérifier systématiquement les dossiers de vaccination lors des visites cliniques; une stratégie efficace de rappel consiste à planifier l'étude des dossiers à un moment précis, par exemple à un anniversaire au milieu d'une décennie (c.-à-d. lorsqu'un patient ou client atteint l'âge de 25 ans, 35 ans, etc.). Les établissements devraient adopter des politiques en vue d'aborder les problèmes relatifs à la vaccination des patients et du personnel.

Parmi les stratégies visant à augmenter le taux de vaccination des adultes, citons : l'éducation communautaire, les rappels aux patients ou clients, les mesures d'encouragement, les carnets de vaccination tenus par les patients ou clients, les exigences légales ou réglementaires, ainsi que les programmes de réduction des coûts. Les programmes d'éducation destinés aux fournisseurs de soins de santé sont également efficaces, tout comme les changements organisationnels, par exemple les conférences pratiques de vaccination et la participation de personnel non-médecin à l'exécution des stratégies de prévention ou des programmes de vaccination.

On peut trouver un exemple de dossier de vaccination d'un adulte et de la documentation à propos de l'immunisation des adultes sur le site Web d'Immunisation CanadaLien externe.

Vaccins recommandés pour les adultes

Tous les adultes vivant au Canada qui ne présentent pas de contre-indications devraient être vaccinés systématiquement contre les maladies évitables par la vaccination. La vaccination systématique recommandée pour les adultes est résumée dans le Tableau 1. Voir Tableau 4 du chapitre Calendriers de vaccination recommandés de la partie 1 pour obtenir les calendriers de vaccination recommandés pour les adultes qui n'ont pas de dossier de vaccination ou dont les antécédents vaccinaux sont imprécis ainsi que pour les doses de rappel chez ceux ayant reçu les primovaccinations complètes.

En plus de la vaccination systématiquement recommandée, certains vaccins sont recommandés pour les adultes courant des risques particuliers. Ces recommandations sont résumées dans le Tableau 2. On doit évaluer l'état immunitaire, achever les séries de vaccins systématiquement recommandés et administrer les doses de rappel des travailleurs de la santé et des voyageurs internationaux. Veuillez consulter les chapitres Immunisation des voyageurs, Immunisation des travailleurs, Immunisation des sujets immunodéprimés et Immunisation des personnes atteintes de maladies chroniques de la partie 3 ainsi que les chapitres portant sur les vaccins pertinents de la partie 4 pour obtenir de plus amples renseignements.

Diphtérie et tétanos

Tous les adultes vivant au Canada devraient être vaccinés contre la diphtérie et le tétanos. On recommande des doses de rappel du vaccin contenant les anatoxines tétanique et diphtérique tous les 10 ans. Veuillez consulter les chapitres Anatoxine diphtérique et Anatoxine tétanique de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Zona

Le vaccin contre le zona peut être administré aux adultes âgés de 50 à 59 ans et est systématiquement recommandé pour les adultes âgés de 60 ans ou plus. Les adultes âgés de 50 ans ou plus qui sont séronégatifs au virus varicelle-zona devraient recevoir deux doses du vaccin contre la varicelle plutôt que le vaccin contre le zona. On ne dose habituellement pas les anticorps antivirus varicelle-zona chez les adultes âgés de 50 ans ou plus. Par conséquent, on devrait considérer la plupart des adultes comme étant immunisés contre la varicelle et leur offrir le vaccin contre le zona qui est approprié à leur âge. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre le zona de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Virus du papillome humain

Le vaccin bivalent ou quadrivalent contre le virus du papillome humain (VPH) est recommandé chez les femmes âgées de 26 ans ou moins; on peut l'administrer à celles âgées de 27 ans ou plus qui sont continuellement exposées à un risque. Le vaccin quadrivalent contre le VPH est recommandé chez les hommes âgés de 26 ans ou moins; on peut l'administrer à ceux âgés de 27 ans ou plus qui sont continuellement exposées à un risque. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre le virus du papillome humain de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Grippe

On encourage d'administrer chaque année le vaccin contre la grippe saisonnière à tous les adultes âgés de 65 ans ou plus et aux adultes de tous âges dans certaines situations à risque, notamment aux adultes en santé qui sont en contact étroit avec des enfants de moins de cinq ans ou avec d'autres personnes à risque élevé (voir Tableau 2). Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre l'influenza de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Rougeole, oreillons et rubéole

On recommande d'administrer le vaccin combiné contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) aux adultes susceptibles de contracter un ou plus de ces virus. Une dose est recommandée pour la plupart des adultes (nés en 1970 ou ultérieurement) susceptibles de contracter un de ces virus. Les personnes les plus susceptibles d'être exposées à la rougeole ou aux oreillons (les personnes voyageant hors de l'Amérique du Nord, les travailleurs de la santé, les étudiants qui fréquentent des établissements d'enseignement postsecondaire et le personnel militaire) devraient recevoir deux doses de ce vaccin, à un intervalle minimal de quatre semaines. On présume que les adultes nés avant 1970 ont développé une immunité naturelle à la rougeole et aux oreillons et qu'ils n'ont pas besoin de vaccin contre ces maladies, sauf dans les cas suivants : les militaires et les travailleurs de la santé non immunisés (deux doses, administrées à au moins quatre semaines d'intervalle), les voyageurs non immunisés (une dose) et les étudiants non immunisés (envisager d'administrer une dose). Les adultes susceptibles de contracter la rubéole devraient recevoir une dose, peu importe leur âge. Si le vaccin contre la rubéole est indiqué pour les femmes enceintes, celles‑ci devraient être vaccinées après l'accouchement, préférablement avant de recevoir leur congé de l'hôpital. Veuillez consulter les chapitres Vaccin contre la rougeole, Vaccin contre les oreillons et Vaccin contre la rubéole de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements, notamment les critères pour déterminer la susceptibilité et l'immunité contre la rougeole, les oreillons et la rubéole.

Méningocoque

S'ils ne l'ont par reçu pendant leur adolescence, les adultes en santé âgés de 24 ans ou moins devraient recevoir le vaccin conjugué contre le méningocoque. L'utilisation de la version monovalente ou quadrivalente du vaccin conjugué contre le méningocoque peut être faite en fonction de l'épidémiologie locale et des considérations relatives aux programmes. Les adultes qui courent des risques particuliers à certaines maladies (voir Tableau 2) devraient recevoir deux doses du vaccin quadrivalent conjugué contre le méningocoque, à un intervalle de huit semaines, suivies de doses de rappel tous les cinq ans. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre le méningocoque de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Coqueluche

S'ils ne l'ont pas déjà reçu dans leur enfance, tous les adultes âgés de 18 ans ou plus devraient recevoir une dose du vaccin anticoquelucheux acellulaire (dcaT). Ce vaccin peut être administré sans égard au moment de l'administration de la dernière dose du vaccin contenant les anatoxines tétanique et diphtérique. Il faut accorder un degré de priorité élevé à l'administration du vaccin dcaT aux adultes qui n'ont pas reçu de dose de ce vaccin à l'âge adulte et qui prévoient être en contact régulier avec des nourrissons, idéalement au moins deux semaines avant un contact. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre la coqueluche de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Pneumocoque

On recommande une seule dose du vaccin polysaccharidique 23-valent contre le pneumocoque (Pneu-P-23) chez les adultes âgés de 65 ans ou plus et chez les adultes plus jeunes soumis à des facteurs de risque particuliers (voir Tableau 2). On doit envisager une revaccination unique avec le vaccin Pneu-P-23 pour les personnes avec le plus grand risque de contracter une pneumococcie invasive. Les adultes en attente d'une greffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH) devraient recevoir une primovaccination de trois doses de vaccin conjugué antipneumococcique 13‑valent (Pneu‑P‑13) commençant de 3 à 9 mois après la greffe, suivie d'une dose de rappel de Pneu P‑23 de 12 à 18 mois après la greffe. Pour les autres adultes immunodéprimés (particulièrement les adultes atteints du VIH, d'asplénie anatomique ou fonctionnelle, de drépanocytose ou d'autres hémoglobinopathies, d'immunodéficiences congénitales, de tumeurs malignes, notamment la leucémie ou le lymphome, qui reçoivent des traitements immunosuppresseurs, ou qui sont des receveurs ou des candidats pour une greffe de cellules des îlots pancréatiques), on recommande d'administrer une dose du vaccin Pneu-C-13, suivie d'une dose du vaccin Pneu-P-23, huit semaines plus tard. Veuillez consulter les chapitres Vaccin contre le pneumocoque de la partie 4 et Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements.

Polio

Tous les adultes vivant au Canada devraient être vaccinés contre la poliomyélite. Chez les adultes n'ayant jamais été vaccinés, administrer une primovaccination contenant le vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) si l'on administre également une primovaccination avec le vaccin contenant les anatoxines tétanique et diphtérique ou si l'adulte coure un risque accru d'exposition au poliovirus (voir Tableau 2). Autrement, administrer le vaccin VPI avec les doses de rappel systématiques du vaccin contenant les anatoxines tétanique et diphtérique. On recommande une dose unique de rappel du vaccin contenant le VPI chez les adultes déjà vaccinés avec le vaccin antipoliomyélitique qui courent un risque accru d'exposition (voir Tableau 2). Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre la poliomyélite de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Varicelle

On recommande d'administrer deux doses du vaccin monovalent contre la varicelle aux adultes âgés de 18 à 49 ans susceptibles de contracter la maladie. On devrait offrir une deuxième dose du vaccin contre la varicelle aux adultes âgés de moins de 50 ans qui n'en ont reçu qu'une seule dose. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre la varicelle de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Tableau 1 : Immunisation des adultes - recommandations relatives à la vaccination systématique des adultes en santé à faible risqueTableau 1 - Note *
Vaccin Recommandations relatives à la vaccination systématique
Tableau 1 - Note *
Veuillez consulter les chapitres portant sur les vaccins pertinents de la partie 4 pour obtenir de plus amples renseignements. Voir Tableau 2 pour les recommandations concernant les adultes exposés à des facteurs de risque.
Diphtérie Tétanos Primovaccination chez les adultes n'ayant jamais reçu un vaccin
1 dose de rappel tous les 10 ans
Zona Âgés de 60 ans ou plus : 1 dose
Âgés de 50 à 59 ans : peuvent recevoir 1 dose
Virus du papillome humain Femmes âgées de 26 ans ou moins : vaccin bivalent (VPH2) ou quadrivalent (VPH4)
Hommes âgés de 26 ans ou moins : vaccin quadrivalent (VPH4)
Rougeole Oreillons Adultes susceptibles de contracter la maladie nés en 1970 ou après : 1 dose
Adultes nés avant 1970 : considérés comme immunisés
Conjugué contre le méningocoque Adultes âgés de 24 ans ou moins non vaccinés pendant l'adolescence : 1 dose
Coqueluche Une dose du vaccin anticoquelucheux acellulaire (dcaT) à l'âge adulte
Les adultes qui auront des contacts étroits avec des nourrissons devraient être vaccinés aussitôt que possible
Polysaccharidique 23-valent contre le pneumocoque (Pneu-P-23) Âgés de 65 ans ou plus : 1 dose
Polio Chez les adultes n'ayant jamais reçu le vaccin, primovaccination lors de l'administration d'une primovaccination avec le vaccin contenant les anatoxines tétanique et diphtérique ou avec les doses de rappel systématiques du vaccin contenant les anatoxines tétanique et diphtérique
Rubéole Adultes susceptibles de contracter la maladie : 1 dose
Si le vaccin est indiqué, les femmes enceintes séronégatives devraient être vaccinées après l'accouchement
Varicelle Adultes susceptibles de contracter la maladie, âgés de 49 ans ou moins : 2 doses; ceux qui ont déjà reçu une dose devraient recevoir une 2e dose
Adultes séronégatifs confirmés, âgés de 50 ans ou plus : 2 doses, on ne recommande pas de faire des tests systématiquement
Tableau 2 : Immunisation des adultes - recommandations concernant les situations à risque particulièresTableau 2 - Note *
Vaccin Recommandations concernant les situations à risque
Tableau 2 - Note *
Veuillez consulter les chapitres portant sur les vaccins pertinents de la partie 4 et les chapitres Immunisation des sujets immunodéprimés et Immunisation des personnes atteintes de maladies chroniques de la partie 3 pour obtenir de plus amples renseignements.

Bacille de Calmette‑Guérin (BCG)

Envisager d'administrer le vaccin aux adultes :

  • qui peuvent être exposés de façon répétée à des sujets non traités ou non adéquatement traités, ou à des cas de tuberculose active pharmacorésistante dans des situations où il est impossible de prendre des mesures de protection contre l'infection et s'il est impossible d'appliquer un programme d'identification et de traitement précoces de l'infection tuberculeuse latente;
  • qui effectuent de longs voyages dans des pays à forte prévalence de tuberculose (dans des conditions exceptionnelles telles qu'elles sont mentionnées ci‑dessus).

Choléra et diarrhée du voyageur

Envisager d'avoir recours à des mesures de prévention du choléra chez les adultes à risques d'exposition élevés qui voyagent dans des régions où le choléra est endémique, notamment ceux dont le risque d'exposition est grand en raison de leur l'emploi (p. ex. travailleurs humanitaires ou de la santé en poste dans des pays où la maladie est endémique).

Envisager d'avoir recours à des mesures de prévention de la diarrhée du voyageur chez les adultes :

  • aux prises avec une maladie chronique et vulnérables aux complications;
  • à risque accru de contracter la diarrhée du voyageur;
  • qui sont immunodéprimés.

Haemophilus influenzae de type b (Hib)

Recommandé pour les adultes exposés à un risque accru d'infection à Hib invasive :

  • ayant une immunodéficience congénitale;
  • aux prises avec un trouble hématologique malin;
  • VIH;
  • ayant une asplénie anatomique ou fonctionnelle;
  • tous les greffés;
  • porteurs d'un implant cochléaire.

Remarque : À la suite d'une GCSH : 3 doses de vaccin contre Hib à au moins 4 semaines d'intervalle commençant de 6 à 12 mois après la greffe.

Hépatite A

Ce vaccin est recommandé pour les adultes :

  • qui voyagent dans des régions où l'hépatite A est endémique;
  • qui immigrent d'une région où l'hépatite A est endémique;
  • qui vivent ou qui sont en contact étroit avec des enfants adoptés de pays où l'hépatite A est endémique;
  • qui font partie de collectivités ou de populations à risque d'éclosion ou au sein desquelles l'hépatite A est hautement endémique;
  • qui vivent ou qui sont en contact étroit avec des personnes atteintes de l'hépatite A confirmée ou soupçonnée;
  • qui sont exposés à un risque dans leur milieu de travail ou dans leur mode de vie;
  • atteints d'une maladie du foie chronique, sans égard à la cause, notamment les personnes infectées par le virus de l'hépatite C;
  • atteints d'hémophilie A ou B qui reçoivent des facteurs de coagulation dérivés du plasma;
  • dans des situations de prise en charge post-exposition ou d'une éclosion.

Hépatite B

Ce vaccin est recommandé pour les adultes :

  • qui ont immigré au Canada de pays où il y a une forte prévalence d'hépatite B;
  • qui vivent ou qui ont des contacts sexuels avec des personnes atteintes d'hépatite B aiguë ou avec des porteurs de l'hépatite B, notamment ceux qui ont des contacts étroits avec des enfants adoptés de pays où l'hépatite B est endémique, si l'enfant adopté est positif pour l'AgHBs;
  • qui sont exposés à un risque dans leur milieu de travail ou dans leur mode de vie;
  • qui partent vers des destinations où l'hépatite B est endémique;
  • qui font partie de collectivités ou de populations dans lesquelles l'hépatite B est hautement endémique;
  • résidants d'établissement pour personnes ayant des troubles du développement ou détenus d'établissements correctionnels;
  • atteints d'une maladie du foie chronique, notamment les personnes infectées par le virus de l'hépatite C;
  • atteints d'une maladie du rein chronique, notamment les personnes qui subissent une dialyse chronique;
  • hémophiles et les autres personnes appelées à recevoir de façon répétée du sang ou des produits sanguins;
  • qui ont subi une greffe de cellules souches hématopoïétiques ou qui attendent une greffe d'un organe plein;
  • présentant une immunodéficience congénitale;
  • infectés par le VIH;
  • dans des situations de prise en charge post-exposition.

Virus du papillome humain

Le vaccin peut être administré aux femmes et aux hommes âgés de 27 ans ou plus qui sont continuellement exposés à un risque.

Grippe

Recommandé tous les ans pour les adultes :

  • qui présentent un risque élevé de complications liées à la grippe;
  • qui pourraient transmettre la grippe à des personnes à risque élevé;
  • qui fournissent des services communautaires essentiels;
  • en contact direct avec de la volaille infectée par le virus de la grippe aviaire durant les activités d'abattage.

Encéphalite japonaise

Ce vaccin est recommandé pour les adultes :

  • qui sont exposés à un risque dans leur milieu de travail;
  • qui se rendent dans une ou des régions où la maladie est endémique pendant la saison de la transmission et qui sont exposés à des risques particuliers.

On recommande une dose de rappel, 12 mois après la primovaccination, pour les personnes exposées à un risque continu d'encéphalite japonaise.

Rougeole Oreillons

Le vaccin est recommandé pour les adultes nés en 1970 ou ultérieurement.

  • Les personnes susceptibles de contracter la maladie et qui sont exposées à un risque élevé (les personnes voyageant hors de l'Amérique du Nord, les travailleurs de la santé, les étudiants qui fréquentent des établissements d'enseignement postsecondaire et le personnel militaire) devraient recevoir 2 doses du vaccin, à un intervalle minimal de 4 semaines.

Le vaccin est recommandé pour les adultes nés avant 1970, dans les situations suivantes :

  • le personnel militaire ou les travailleurs de la santé non immunisés; 2 doses, à un intervalle minimal de 4 semaines;
  • les voyageurs non immunisés; 1 dose;
  • les étudiants non immunisés; envisager 1 dose.

Le vaccin est recommandé pour la prise en charge précoce à la suite d'une exposition à la rougeole.

Conjugué quadrivalent contre le méningocoque

Ce vaccin est recommandé pour les adultes :

  • qui sont exposés à un risque dans leur milieu de travail (c.‑à‑d. les travailleurs de laboratoire et les militaires);
  • qui prévoient voyager et chez qui un vaccin contre le méningocoque est recommandé ou requis, notamment les personnes qui se rendent en Afrique subsaharienne et les pèlerins qui participent au hadj, à La Mecque, en Arabie saoudite;
  • qui sont à risque élevé de méningococcie, en raison d'états pathologiques :
    • souffrant d'asplénie anatomique ou fonctionnelle (y compris la drépanocytose);
    • qui présentent un déficit congénital en complément, en properdine, en facteur D, ou en anticorps primaires;
    • qui présentent un déficit acquis en complément après avoir reçu de l'éculizumab (SolirisMD, Alexion Pharmaceuticals Inc.);
    • Envisager d'administrer le vaccin aux adultes infectés par le VIH.
  • qui ont des contacts étroits avec une personne atteinte d'une méningococcie invasive d'un sérogroupe contre lequel il existe un vaccin;
  • dans les cas de prise en charge d'une éclosion attribuable à un sérogroupe contre lequel il existe un vaccin.

On recommande une dose de rappel tous les 5 ans si le risque est continu.

Polysaccharidique 23‑valent contre le pneumocoque (Pneu-P-23)

Ce vaccin est recommandé pour les adultes :

  • résidants d'établissements de soins de longue durée;
  • exposés à un risque élevé de pneumococcie invasive en raison de facteurs liés au mode de vie :
    • souffrant d'alcoolisme;
    • fumeurs;
    • sans-abri;
  • exposés à un risque élevé de pneumococcie invasive, sans immunosuppression, c'est-à-dire les personnes :
    • atteintes d'asplénie fonctionnelle ou anatomique;
    • atteintes de drépanocytose ou d'une autre hémoglobinopathie;
    • asthmatiques, à condition qu'elles souffrent aussi d'une maladie pulmonaire obstructive chronique ou d'emphysème ou qu'elles aient besoin d'un traitement prolongé par corticoïde général;
    • aux prises avec une fuite chronique du liquide céphalorachidien;
    • présentant un trouble neurologique chronique pouvant gêner l'évacuation des sécrétions buccales;
    • porteuses d'un implant cochléaire (y compris les enfants en attente d'un tel implant);
    • atteintes d'une maladie cardiaque ou pulmonaire chronique;
    • atteintes du diabète sucré;
    • atteintes d'une maladie du rein chronique, notamment le syndrome néphrotique;
    • atteintes d'une maladie du foie chronique (notamment la cirrhose hépatique, sans égard à la cause);
  • exposés à un risque élevé de pneumococcie invasive ET qui sont immunodéprimées. Ces personnes devraient recevoir le vaccin Pneu-C-13, puis le Pneu-P-23, 8 semaines plus tard. Les personnes :
    • présentant une immunodéficience congénitale touchant n'importe quel aspect du système immunitaire, incluant l'immunité provenant des lymphocytes B (humérale), la réponse immune médiée par les lymphocytes T, le système du complément (déficience en properdine ou facteur D) ou les fonctions phagocytaires;
    • infectées par le VIH;
    • qui suivent un traitement immunosuppresseur, notamment une utilisation à long terme de corticoïdes, une chimiothérapie, une radiothérapie, un traitement antérieur à une greffe d'organe, certains antirhumatismaux;
    • qui présentent des néoplasmes malins, notamment la leucémie et le lymphome;
    • ayant reçu ou en attente d'une greffe d'un organe plein ou de cellules des îlots pancréatiques.

Envisager d'administrer le vaccin aux personnes qui consomment des drogues illicites.

On recommande une dose de rappel unique chez les personnes à risque le plus élevé.

Conjugué contre le pneumocoque 13-valent (Pneu-C-13)

Les adultes énumérés ci‑dessous devraient recevoir 1 dose du vaccin Pneu-C-13, suivie de 1 dose du vaccin Pneu-P-23, 8 semaines plus tard.

  • atteintes d'asplénie fonctionnelle ou anatomique;
  • atteintes de drépanocytose ou d'une autre hémoglobinopathie;
  • présentant une immunodéficience congénitale touchant n'importe quel aspect du système immunitaire, incluant l'immunité provenant des lymphocytes B (humérale), la réponse immune médiée par les lymphocytes T, le système du complément (déficience en properdine ou facteur D) ou les fonctions phagocytaires;
  • ayant reçu une greffe de cellules souches hématopoïétiques;
  • infectées par le VIH;
  • qui suivent un traitement immunosuppresseur, notamment une utilisation à long terme de corticoïdes, une chimiothérapie, une radiothérapie, un traitement antérieur à une greffe d'organe, certains antirhumatismaux;
  • qui présentent des néoplasmes malins, notamment la leucémie et le lymphome;
  • ayant reçu ou en attente d'une greffe d'un organe plein ou de cellules des îlots pancréatiques.

Remarque : Après une greffe de cellules souches hématopoïétiques, on recommande d'administrer 3 doses du vaccin Pneu-C-13, à intervalles minimaux de 4 semaines, puis 1 dose du vaccin Pneu-P-23, de 6 à 12 mois après la dernière dose du Pneu-C-13 (veuillez consulter le chapitre portant sur les sujets immunodéprimés).

Polio

Ce vaccin doit être donné en priorité aux adultes :

  • qui se rendent dans des régions où l'on sait ou soupçonne qu'il y a circulation du poliovirus, ou qui reçoivent des voyageurs en provenance de ces régions;
  • qui travaillent dans le secteur de la santé et qui sont en contact étroit avec des patients pouvant excréter le poliovirus sauvage ou le poliovirus de souche vaccinale;
  • membres de communautés ou de groupes de population précis, atteints d'une maladie due au poliovirus;
  • en contact étroit avec des sujets pouvant excréter le poliovirus (p. ex. les personnes qui travaillent auprès des réfugiés ou les militaires et les personnes qui participent à des missions humanitaires dans des pays où la maladie est endémique);
  • qui travaillent dans des laboratoires et qui manipulent des échantillons pouvant contenir le poliovirus;
  • membres de la famille ou proches d'enfants adoptés à l'étranger qui pourraient avoir reçu ou qui recevront le vaccin antipoliomyélitique oral.

Dans le cas des adultes qui n'ont pas déjà été immunisés, on recommande d'administrer une primovaccination avec un vaccin contenant le VPI.

Chez les adultes déjà immunisés, on recommande 1 dose de rappel unique d'un vaccin contenant le VPI.

Rage (prophylaxie préexposition)

Ce vaccin est recommandé pour les adultes :

  • exposés à un risque dans leur milieu de travail;
  • exposés à un risque dans leur mode de vie;
  • qui se rendent dans des régions à risque élevé et qui sont exposés à des risques particuliers.

Doses de rappel, le cas échéant.

Variole

Ce vaccin est recommandé chez les adultes exposés à un risque dans leur milieu de travail.

Typhoïde

Ce vaccin est recommandé pour les adultes :

  • qui se rendent dans une ou des régions où la maladie est endémique et qui sont exposés à des risques particuliers;
  • exposés de façon continue à un porteur de S. typhi parce qu'ils habitent ensemble ou qu'ils ont des contacts intimes;
  • exposés à un risque dans leur milieu de travail.

On recommande d'administrer des doses de rappel si le risque est continu.

Fièvre jaune

Ce vaccin est recommandé pour les adultes :

  • âgés de moins de 60 ans qui se rendent dans des régions où l'on observe des signes de transmission de la fièvre jaune ou si ce vaccin est requis chez les voyageurs étrangers;
  • exposés à un risque dans leur milieu de travail.

Envisager d'administrer ce vaccin aux adultes âgés de 60 ans ou plus qui se rendent dans des régions où le risque de fièvre jaune est le plus élevé.

La revaccination des personnes immunocompétentes est recommandée tous les 10 ans, si elle est indiquée.

Références choisies

  • Coalition canadienne pour la sensibilisation et la promotion de la vaccination. La vaccination des adultes. Votre vaccination est-elle à jour? (http://resources.cpha.ca/immunize.ca/data/0510f.pdf") Brochure d'Immunisation Canada. Mai 2012.
  • Association canadienne de protection médicale. Les nouveaux vaccins - Quelles sont les obligations des médecins? (http://www.cmpa-acpm.ca/cmpapd04/docs/resource_files/infosheets/2008/com_is0887-f.cfm) Un article écrit par des médecins, pour des médecins. Publié initialement en septembre 2008, révisé en janvier 2009.
  • Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV). Déclaration sur le nouveau vaccin oral contre le choléra et la diarrhée du voyageur. Relevé des maladies transmissibles au Canada, vol. 31 (DCC-7), p. 1-12, 2005.
  • Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV). Vaccination des voyageurs internationaux contre la poliomyélite. Relevé des maladies transmissibles au Canada, vol. 29 (DCC-10), p. 1-8, 2003.
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  • Shefer A, Briss P, Rodewald L, et al. Improving immunization coverage rates: an evidence-based review of the literature. Epidemiol Rev 1999;21(1):96-142.
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